Nos amours perdus

C’est étrange, cette notion d’amour perdu, j’ai toujours trouvé ça complètement inapproprié. Perdu de quoi ? Perdu de qui ?
Non je ne me suis pas réveillée un matin en me demandant ce que j’avais fait de mon mec, quel était le dernier endroit où je l’avais vu et la dernière fois où je m’en étais servie. On ne parle pas de clés de voiture, d’un téléphone ni d’une attache de boucle d’oreille.
Mais d’être humain. Ceux que l’on a choisi pour s’ouvrir, se donner, construire, se démasquer. Ceux à qui on a pas peur de dire “ hey ! Regarde à quoi je ressemble quand je suis tout nu “ .
Certaines personnes sont juste de passages même si on aimerait avoir l’éternité pour se découvrir et s’aimer. Vient ce moment où, le vent tourne, nos espoirs s’envolent et des bourrasques de déception nous éclate la gueule.
Et puis … le néant.
L’impression de n’être plus qu’une enveloppe corporelle, d’avoir été amputée d’un membre.
Et pourtant, rien ne se perd tout se transforme. Cet amour et ce que nous en faisons. On dit que le succès est souvent précédé d’un échec. Je trouve que c’est la plus belle métaphore sur la vie qu’il soit, du chemin que nous avons à parcourir pour s’accomplir, de cette réalité où si on ne s’élève pas par nos expériences nous sommes condamnés à vivre la même putain d’expérience, encore et encore, de différentes manières. L’expérience de ne pas essayer, celle où on se détruit, celle où on gâche tout, celle où on ne prend pas de décision, où on subit.
Et ça, à répétition, excepté un déclic, à l’infini. L’enfer sur terre et dans ton salon, tous les jours.
Quoi qu’il en soit, on ne perds pas notre amour, on le garde à l’intérieur de nous pour sublimer le prochain.
Pour nous accompagner.
Je pense toujours aux hommes que j’ai aimé, j’ai leurs voix, leurs odeurs et leur regards toujours avec et sur moi. C’est en parti, grâce à eux que j’ai appris ce qu’est l’amour. Franchement, si ça mérite pas une reconnaissance éternelle ça, je m’appelle plus Juliette (dixit la go qui a 18 identités). Peu importe la durée de la relation, l’intensité, la rencontre, on a tous quelque chose à apprendre de cet autre à qui on ouvre la porte de notre jardin secret, et oui les one shot ça compte aussi, on est tous dans le même bateau frère.

Du coup dans ma tête ça se passe souvent comme ça:

Conscience of Juliette : Mais dis moi toi ? Ce serait pas la valeur soudaine de temps et de gratitude qui t’aide à ouvrir la porte du bonheur et de la sérénité laaaaaa mmmhhhh ???!!
Juliette : Mais grave putain t’es trop forte comment t’as fait pour deviner, même moi j’avais pas capté ah ouaaaaaaaaiiiiiiissss
Conscience of Juliette : Franchement, bien ouej frère, t’as raison laisse ça au passé
Juliette : De ouf c’est beaucoup trop lourd à transporter.

C’est comme si dans la vie on avait une petite valise tout le temps avec nous dans laquelle on rangeait nos émotions et des fois, elle est pleine et faut la vider. De 1 parce que ça devient trop encombrant et de 2 pour faire de la place pour d’autres émotions. Des nouvelles, toutes belles, toutes propres, qui ont encore aucune idée de comment elles vont se faire niquer leurs mères par les anciennes qui tiennent le bloc depuis des années mais elles s’habitueront et tout ira bien.
La haine, la frustration et l’amertume sont beaucoup trop destructrices pour les garder dans notre valise sur du long terme, sinon elles bouffent toutes les autres émotions et la valise avec.
Qui plus est, la vie est bien trop courte et fragile pour se gaspiller à lutter contre ses démons intérieur.

Pardonner. Par pour l’autre, pour soi, égoïstement et parce que c’est vital. Ne pas attendre son approbation, le faire pour garder en mémoire la beauté et la magie que vos deux cœurs ont pu créer, parce qu’à la toute fin, y’a plus que de ça qu’on se rappellera.
Autant le faire tout de suite.

À nos amours imparfaits et futur.

J.